15/03/2014

alban & martial bronsin

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Le Salon d’Art présente épisodiquement des artefacts traditionnels de cultures d’outre mer au sein desquelles quiconque participe selon ses besoins ou ses devoirs à une création basique. Certains développent cependant plus que d’autres, par attachement à ce geste, sans que cela soit particulièrement attendu, les aptitudes nécessaires à l’accomplissement artistique dans l’induction d’un espace sensoriel singulier. Ainsi se détachent du nombre des produits conventionnels – des géométries abstraites mimétiques des réalités existentielles, jusqu’à l’imagerie parfois – les ébauches d’œuvres opérantes par la tension d’un espace-temps.

Les objets ont été choisis pour leur prégnance esthétique par les spécialistes Martial et Alban Bronsin. Cette fois ce sont des broderies ajourées surappliquées de costumes de danse du Panama et d’Afrique subsaharienne des vanneries, des perlages, des fers, quelques peintures sur liber battu. Tous sont authentiques, créés pour l’usage en réponse à l’injonction culturelle : l’héraldique clanique des villages Mbole, le couple pasteur/bovidé des Peul M’Bororo, les parcours erratiques des pygmées Mbuti en immersion dans la forêt première notamment... mais l’explication ethnographique nous distrairait de l’opportunité qui nous est offerte de revenir à l’art par la racine.

Fussent-ils grevés d’un message culturel, (ce n’est pas toujours le cas), dès lors du moins qu’ils mobilisent nos sens, les arts travaillent les automatismes perceptifs universels qui nous les font apprécier en deçà de leurs étrangetés. Éprouver un tel message biopsychique n’exige aucun acquis culturel. Même modestes, les œuvres en puissance puisent leurs énergies en nous, hors de notre conscience. Elles ne résultent pas de l’exécution adéquate d’une procédure éprouvée mais bien des développements d’un jeu personnel dont l’enjeu se mesure pour nous à leur pouvoir de marquer notre mémoire et de nous attacher durablement à elles. 

Georges Meurant