03/03/2009

denis pouppeville

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Le bestiaire anthropomorphe de Denis Pouppeville nous accueille en quelques secondes avec toute la force de l’imaginaire qui auréole sa perception du monde. La sagacité de l’artiste coïncide avec la richesse et la diversité de ses maniements chromatiques, d’une grande délicatesse. Il travaille à l’encre, à l’huile, à l’aquarelle, orchestrant chaque création de tous les matériaux qui épousent le support, en y réfléchissant une lumière souvent crépusculaire. Ses opacités colorées animent le motif d’encre noire qu’il trace avec virtuosité.
Ce que ses œuvres nous offrent, au premier abord, est l’inestimable, précieuse et rare sensation d’émerveillement, le sentiment d’une invitation dans aucun autre récit connu, composé comme des Chroniques imaginaires de gens ordinaires. Là, se déjouent peut-être les interrogations nées de son dialogue permanent avec le monde, mêlé de fantasmes et de souvenirs d’enfance.
Un souvenir d’enfance est une image qui combine le réel avec sa correspondance dans l’imaginaire et restitue une atmosphère, émotion qui parcourra ensuite le reste de nos vies.
Chacun de ses personnages chimériques correspond à une vie. Chimériques? Ils en ont l’apparence: visages à bec d’oiseau, têtes de poissons, animaux anthropomorphes arborant fièrement un haut-de-forme, clopant, buvant et partageant avec les hommes leurs futilités. N’est-il pas envisageable, après tout, qu’un poisson mène la danse, pour qui célèbre le triomphe du coeur et de l’esprit? Que ce même poisson repose plus loin, l’air de rien, sur une tête qui le promène dans ces espaces où une architecture brinquebalante stigmatise l’incessant renouvellement de tout ?

Extrait
Charlotte Waligora

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