24/10/2009

kikie crêvecœur

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Il y aurait au départ la forme d’un tumulte quand pourtant tout serait à la recherche d’un centre. Il y aurait le souci de créer un rythme, une manière bienveillante d’organiser les choses au moment même de ressentir le chaos. Une façon de jeter les couleurs à la surface du papier qui sait que la lumière avoue plus de richesses que les mots qui cherchent à la saisir.
L’extase est, comme la banalité, circulaire. Elle n’offre l’empreinte que de ce qui se peut atteindre et se garde en réserve un espace vital, tantôt blanc, quelquefois zébré de foudre, toujours accordé. Ce qui respire n’appartient pas qu’au mortel, il ressortit aussi à l’immanent, à l’harmonie.
À l’œil, chacun choisira ce qui apparaît ou disparaît, ce qui encombre ou se laisse entrevoir, les ajustements ou les décompositions. Comme le nuage se métamorphose au gré du vent, l’œuvre glisse sur le ciel de son papier dans le grouillement de ses réseaux, dans le mouvement de ses passages, dans la rumeur encore inconnue de ses rencontres.
L’abeille sait donner aux formes le rythme qui précède le miel. Kikie Crêvecœur demeure inquiète, mais aux aguets, vigilante: elle sonde nos secrets, sent les vibrations que la vie anime et lui restitue, avec une égale élégance, sa grisaille ou ses couleurs éclatantes. Quelque chose chante, que rien n’arrête, comme une ride à la surface de l’eau.

Jack Keguenne, septembre 2009

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