16/10/2010

hollan

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Dans l’arbre qui est devant moi, s’en cache un autre, invisible. Sentir ce que je ne vois pas. Peut-être regarder moins? Ne pas voir?
Dans l’invisible apparaît une sensation. Elle veut bouger. Elle vient jusqu’à moi, passe dans le bras, le fusain, et réapparaît sur le papier.
Dessiner, maintenir ce mouvement entre regarder et sentir. Le maintenir entre la forme de l’arbre qui est dense et calme et la sensation de l’arbre qui est rapide et légère.

Le trait aime respirer. Il marche ou glisse sur le papier. Il porte le regard, le promène, lui cède la place et le suit. Parfois, le regard s’envole, pour attraper la sensation qui s’en va. Suivre le trait.

Le dessin envahit le papier. L’image naît, grandit, prend forme. Les impressions visuelles de l’arbre le nourrissent. À un moment, l’image commence à bouger, à vivre vraiment.

Dans le dessin, deux forces se cherchent: le tangible et l’insaisissable.
Le tangible a besoin de toucher, saisir, se manifester. Atteindre les feuilles au bout des branches, pour me prouver que je vis...
L’insaisissable est toujours présent sous forme d’espace ou sous forme de rythme, mouvement continu.
 
Deux mondes pour le regard.
Par le trait, partir en promenade, suivant les courants perçus dans les arbres. Voyage long à l’intérieur de l’arbre. Promenade dans les énergies végétales.
Par le frottage du fusain, partir sur la surface du visible. Rester dans la globalité, survoler l’arbre. Promenade dans les courants de l’espace.

D’où vient cette extrême délicatesse qui guide le trait vers l’immatériel, vers l’invisible? Être sans être, sans croire au visible.

Il existe dans la nature ce que j’appellerais le mouvement pur: l’élan vers la lumière, vers le haut.

notes de travail - Alexandre Hollan

 

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