10/03/2012

Titus-Carmel

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Quand bien même les choses – c’est-à-dire la réalité, notre vie, l’art ou la peinture – sont fragmentées, cela ne les empêche de se présenter d’un seul tenant. Comme si l’unité de notre œil induisait une unité à ce que nous regardons. Cependant, on sait bien qu’il s’agit d’un système fabriqué. Ce qui se rompt se continue autrement, et la ligne qui brise ouvre un nouvel espace en fermant un autre. Ainsi j’écris en pensant aux œuvres de Titus-Carmel et me traversent des pensées incongrues au regard de ce texte, cela n’empêche pas que je me sente rassemblé dans le temps, qui me fait comme un sol. Ce désordre apparent, que je garde pour moi, mais qui peut se montrer à travers ce que j’écris, dès lors que je l’ordonne par le travail de la langue, Titus-Carmel le montre dans sa peinture : c’est un ordre fait de désordre : couleurs, formes, formats diffèrent – mais en même temps qu’ils convergent : on voit bien tout ce qu’il y a de proche ou de commun à chaque toile, à chaque fragment de la surface qui la compose : cette proximité révèle la différence de chaque et la cohérence de l’ensemble. On n’est ni dans le procédé ni dans la déclinaison, mais dans la tentative renouvelée d’approcher au plus juste cette matière centrale et inconnue qui produit la force motrice du geste, en même temps qu’il ne peut l’atteindre ou l’épuiser, sans quoi il n’y aurait pas d’œuvre. En cela, la peinture de Titus-Carmel ne procède ni du jeu ni de la théorie, mais d’un espace qui croise sensibilité et réflexion, et offre autant de sens possibles qu’il y a de paysages intérieurs : palmes, feuillées, jungles imaginaires, chacun y verra son œil et s’y retrouvera. Car elle tente d’aller au fond de soi chercher ce qui peut s’y proposer, dans un geste aussi élaboré que spontané : l’équilibre qui en naîtra imposera sa force à la toile ou au dessin. Équilibre particulièrement savant chez Titus-Carmel puisqu’il s’agit de donner à chaque œuvre d’une série sa singularité et son autonomie, autant qu’à la série elle-même : je vois ce qui les distingue parce que je vois ce qui les rassemble. Ce qui est profondément humain.
Ludovic Degroote

02/03/2012

Culture Club chronique 27_2_2012


podcast

01/03/2012

Le clin d'oeil de Virginie Cordier

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Le clin d'oeil de Virginie Cordier
culture club 27/2/2012

L'Écho - 11 février 2012

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La Libre Belgique - février 2012

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