21/12/2013

Gundi Falk

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Entrer dans l’univers de Gundi Falk, c’est expérimenter une peinture qui est rythme et tracé de désirs. Deux séries de compositions sont présentées : des réseaux de lignes découpés dans une structure légère, scandés de points de cristallisation et des tableaux qui explorent des combinaisons de formes organiques tantôt évidées, tantôt pleines.
Entre peinture et sculpture, les cartographies de lignes offrent un espace pur habité par le trajet d’une énergie qui se dépose en un entrelacs de courbes. Dans ces partitions aériennes, ponctuées de nœuds de couleur, l’acte de peindre se confond avec une descente dans les possibilités des lignes, des traits. Au travers de ces mystérieuses topologies, de ces enchevêtrements de traces, Gundi Falk se connecte au phrasé d’une énergie qu’elle convoque en formes dansantes. Sa pratique de la calligraphie, sa formation de danseuse s’inscrivent dans ses créations picturales au sens où ces dernières creusent l’essence de la calligraphie et de la danse, à savoir l’importance du geste, la recherche des mille et une vies des lignes en mouvement.
La série des tableaux jouant des permutations des formes, des inversions entre fond et formes condense un héritage que l’artiste emprunte à la sculpture. Les paysages mélodiques produisent un monde brassant les deux et les trois dimensions. Les ombres portées des sculptures que Gundi a conçues sont translatées sur un support bidimensionnel. Autant de façons d’inventer des régions de voir, de vivre, de sentir à l’écart des répartitions perceptives usuelles, autant de manières de désaxer les partages entre connu et inconnu, d’enregistrer des sensations que la main traduit en résonances, en modulations.
Véronique Bergen, septembre 2013

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