10/07/2014

zurstrassen... on en parle

L’œuvre de la semaine
Guy Gilsoul
La nouvelle abstraction

Kandinsky, le premier parmi ceux qui osèrent ce qu’il appelait « l’art pur » (entendez non figuratif) avait prévenu : un seul point suffit pour que sur le blanc du support naisse une tension, donc une œuvre. Mais sitôt le deuxième signe posé, le déséquilibre apparaît. Le reste ne sera plus qu’une suite d’actions (la composition) pour tenter de gagner l’harmonie. Plus d’un siècle après les premières expérimentations, l’art abstrait a développé une grande diversité d’approches. Yves Zurstrassen (né en 1956) poursuit l’aventure la menant vers des complexités inouïes. A première vue : un grand désordre. Les registres gestuels sont divers entre peinture étalée, signe calligraphique, empreinte, superposition, effacement… Les couleurs tout autant. Arrêtons-nous à cet aspect. Car notre peintre (bien de chez nous) est d’abord un sensuel. Il aime l’onctuosité de la peinture à l’huile et l’explore. Il goûte aux différentes nuances de la couleur, visant dans les grands formats, les accords de gris, ocres, noirs et blancs  et dans les petits, des harmonies plus vives, voire explosives. Avec ces chromatismes, il touche l’énergie de la vie et tente alors de l’exalter davantage encore en fonction des lieux sur l’espace de la toile où il va les disposer. On songe alors à la musique. Entendons la peinture de Zurstrassen : l’harmonie qui s’en dégage possède le tempo des grands morceaux de free jazz. 

Bruxelles, Le Salon d’art. 81 rue de l’Hôtel des monnaies. Jusqu’au 12 juillet.
Du mardi au vendredi de 14 à 18h30, samedi de 9h30 à 12 heures et de 14 à 18 heures. Lesalondart.skynetblog.be

Les commentaires sont fermés.