08/01/2015

koyuki kazahaya

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Dans le travail de Koyuki Kazahaya le réel et la mémoire se fondent dans l’évocation des éléments naturels. La surface de l’eau et le dessous de son niveau visible émettent ensemble des vibrations et des sensations inscrites dans le temps par des événements passés ou à venir.

Le reflet témoigne d’une vision intérieure qui débouche sur un monde à l’envers, en profondeur. Il fait émerger une image aussitôt mise en doute: la lutte éternelle et presque mythique entre l’eau et la terre, avec l’air plus ou moins humide, porteur de particules. 

Le noir contient toutes les possibilités d’apparition. Noirs absorbants qui nous renvoient à notre solitude existentielle. Noir de la nuit, noir du fond de l’eau, noir de l’infini.

Des résonances par antipodes sont sciemment mises en liaison par l’horizon en circonférence et par l’étendue des éléments « eau », « terre » et « air ».

La sensation d’attente ou de retour sur les sites personnels évoque implicitement un vécu jamais manifesté, à peine suggéré.

Des émotions perceptibles transparaissent au travers d’une succession de couches accessibles bien au-delà des premières rencontres avec la personne ou l’œuvre. 

Les moyens utilisés, transversaux, puisent dans les outils « traçant », « imprégnant », « accrochant » les supports fragiles que sont les papiers, en sollicitant parfois la mémoire rétinienne et redeviennent à nouveau des reflets par l’impression ou la lumière des projections.

Les mouvements de l’eau, par vagues successives, infinies, sont repris, sondés jusqu’à poser le sens-même des éternels recommencements. 

Ces reprises éternelles des éléments fondamentaux de la nature sur le cours de notre existence témoignent de la fragilité de celle-ci sur cette planète, elle-même de plus en plus éphémère.

 

Dans notre mémoire, comme dans celle de Koyuki Kazahaya résonnent des événements parfois tragiques; le passé lointain et récent de l’île du Pays du Soleil Levant continue à poser la question du sens de la vie et du choix que fait l’humanité.

Maurice Pasternak

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