06/05/2017

alexandre hollan

hollan-aff-mai-17-200mm-HR.jpg

Quand ai-je commencé les vies silencieuses ? Tard, il y a un peu plus de trente ans... Au début (après les écoles d’art), j’ai cherché dans la nature un contact fugitif, direct, intense, pour retrouver la vraie vie... J’ai voyagé, vécu dans ma voiture (dans des paysages sauvages), découvert une nature en perpétuel mouvement. Les arbres formaient un réseau d’énergie, les collines respiraient l’infini. Dans cette fluidité, j’ai cherché une tranquillité, un lieu de paix. Mon regard était attiré par des maisons lointaines, masses isolées, murs cachés dans l’océan du monde végétal. Je voulais m’arrêter de voyager, avoir une petite maison (dans la région où je vivais pendant les mois d’été). C’est en 1984 que j’ai trouvé un petit mazet isolé, entre vignes et garrigues. Être là, retrouver la vie dans les mêmes formes, jour après jour, était le début d’une nouvelle vie. J’ai trouvé dans un mas abandonné deux vieux pots qui, avec une pomme, devenaient mes premières « vies silencieuses ». Dans l’ombre, autour du mazet, d’autres fruits, casseroles rouillées, arrosoirs se regroupaient pour me guider dans un voyage apparemment immobile vers un monde profond, rayonnant, tactile. Cette nouvelle vie silencieuse m’apportait la durée, la patience, le début de la contemplation. (Elle a parfois même développé une rapidité jusque là à peine connue dans les perceptions de mouvements ou de couleurs devant les objets.) Maintenant, dans le Midi, ou à Paris, les objets attendent tranquillement que je les regarde que je les mette en relation. Ils peuvent résonner, s’accorder, me dire quelque chose de précis. Les peintures savent mieux chercher (mieux que moi) ce qui se cherche. Ils me précèdent, me guident, me nourrissent. La vie silencieuse peut commencer.


Alexandre Hollan

 

 

les vies silencieuses
alexandre hollan
collages, peintures & plaques émaillées
du 8 mai au 15 juillet 2017 vernissage le mercredi 10 mai de 18 à 21h

« les arbres », exposition simultanée aux mêmes dates à la galerie la forest divonne, 66 rue de l’hôtel des monnaies 1060 bruxelles

Les commentaires sont fermés.