27/10/2015

estampe de alexandre hollan

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17/10/2015

alexandre hollan

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« Le son est le premier mouvement de l’immobile. » 

L’arbre naît, vit et meurt à la même place. Jusqu’à n’en plus pouvoir il croît vers le haut ; mais sous le sol, prend aussi de l’amplitude suivant, c’est le cas du chêne, la taille du feuillage. Il paraît d’une forme plus ou moins régulière, alors que vu de près il abrite un sacré fouillis. Depuis toujours il voisine avec l’être humain et le monde animal, dans un curieux rapport d’indifférence et de générosité démesurée. Il ressemble à quelqu’un mais on le prend pour quelque chose, – et marque les esprits au point qu’on lui en attribue, de l’esprit. 

Le chêne préside. Son puissant impact visuel a suscité des rêveries à n’en pas finir. Qu’il suffise de nommer sa reine, Égérie, et voilà pour la poésie-littéraire.

Cette rêverie perd pied devant les chênes que dessine Alexandre Hollan, au profit d’une émotion plus substantielle. Voilà qu’on ne sait trop qui, de l’homme sur le motif (ou non) ou de l’arbre ausculté donne le ton, éclaircit le noir, charge le gris, jouit d’autres couleurs, ouvre l’espace et le ferme aussitôt pour imprégner le papier.

Il y a une paisible effronterie à un tel acharnement. Ça permet un néologisme : achênement. Avisons-nous, par ailleurs, que ce processus créatif, qui est un mode de vie, constitue un flagrant déni à ce qui fait l’air du temps.

Les « Vies silencieuses » donnent corps aux fruits et objets manufacturés par l’homme qui en use (en principe) à son gré, pour se faciliter l’existence. Leur charge symbolique peut être forte mais dans le cas présent leur attrait réside dans les assemblages formels qu’elles permettent. La tradition veut qu’on parle de natures mortes ici dites « Vies silencieuses », compositions dont sourd une force étrange car les frontières entre les timbres s’estompent, sans que le diffus ne devienne confus.

Le secret de la passion qui anime ces œuvres est un doute perpétuel, qui mène le crayon et le pinceau par le bout du nez.

 

Daniel Meyer

16/10/2010

hollan

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Dans l’arbre qui est devant moi, s’en cache un autre, invisible. Sentir ce que je ne vois pas. Peut-être regarder moins? Ne pas voir?
Dans l’invisible apparaît une sensation. Elle veut bouger. Elle vient jusqu’à moi, passe dans le bras, le fusain, et réapparaît sur le papier.
Dessiner, maintenir ce mouvement entre regarder et sentir. Le maintenir entre la forme de l’arbre qui est dense et calme et la sensation de l’arbre qui est rapide et légère.

Le trait aime respirer. Il marche ou glisse sur le papier. Il porte le regard, le promène, lui cède la place et le suit. Parfois, le regard s’envole, pour attraper la sensation qui s’en va. Suivre le trait.

Le dessin envahit le papier. L’image naît, grandit, prend forme. Les impressions visuelles de l’arbre le nourrissent. À un moment, l’image commence à bouger, à vivre vraiment.

Dans le dessin, deux forces se cherchent: le tangible et l’insaisissable.
Le tangible a besoin de toucher, saisir, se manifester. Atteindre les feuilles au bout des branches, pour me prouver que je vis...
L’insaisissable est toujours présent sous forme d’espace ou sous forme de rythme, mouvement continu.
 
Deux mondes pour le regard.
Par le trait, partir en promenade, suivant les courants perçus dans les arbres. Voyage long à l’intérieur de l’arbre. Promenade dans les énergies végétales.
Par le frottage du fusain, partir sur la surface du visible. Rester dans la globalité, survoler l’arbre. Promenade dans les courants de l’espace.

D’où vient cette extrême délicatesse qui guide le trait vers l’immatériel, vers l’invisible? Être sans être, sans croire au visible.

Il existe dans la nature ce que j’appellerais le mouvement pur: l’élan vers la lumière, vers le haut.

notes de travail - Alexandre Hollan