14/10/2016

erró, on en parle...

Merci à Michel Verlinden

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in LeVif, Focus, 14 octobre 2016

erró

vernissage ce lundi 17 octobre dès 18 heures
en présence de erró !

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Erró est né au pays des volcans et des geysers. C’est un même phénomène de même nature qui semble se produire dans son travail. À la base, il y a ces banques d’images que Erró rassemble en découpant dans les magazines de tous pays des images qui le retienne et qui, soigneusement classées par ses soins selon leurs sujets, vont nourrir ses tableaux.

C’est dans le travail de montage – au sens cinématographique du terme – auquel se livre ensuite Erró que se marque toute la différence entre son œuvre et celle des premiers pop’artistes dont elle est contemporaine. Usant de juxtaposition d’images – par affinités ou par contraste– que fixe à un moment le collage, Erró cherche à rendre aussi significative que possible l’image finale : loin de la neutralité volontaire des toiles d’Andy Warhol où le report photographique, l’usage d’une monochromie subtile (Lavender Disaster ou Big Electric Chair ) sont faits pour masquer la violence du document initial, les tableaux que Erró réalise à partir de ses collages se veulent commentaires acides de la situation sociale, dénonciation de toutes ambiguïtés politiciennes, refus violent des collusions entre affaires publiques et capital...

Commentaires au présent et sans complaisance des remous du monde, les peintures d’Erró s’inscrivent dans la lignée directe de ces grands tableaux d’histoire – du Tres de Mayo de Goya à La Liberté guidant le peuple de Delacroix ou au Guernica de Picasso – où passent soudain un souffle perdu par la masse des imagiers trop occupés, à la suite de Meissonnier, de charges de cavalerie et d’éclats de sabres et qui semblaient avoir pour toujours relégué au rang de l’illustration ce qui était à l’origine cri d’horreur ou de colère.

En puisant aux sources du quotidien – celui des journaux – Erró retrouve ce langage immédiatement compréhensible à l’époque, celui qu’entendait précisément les émeutiers des barricades de 1830 ou les témoins atterrés du massacre de Guernica en entrant dans le Pavillon de la République espagnole de l’Exposition internationale de 1937.

Ce que Erró a compris, c’est que l’image doit d’abord s’imposer à un premier degré, être communicable même à qui lit plus les mangas que la littérature, ce qui n’empêche pas le peintre d’utiliser, au-delà de l’effet immédiat, des codes de lecture superposés qui peuvent solliciter jusqu’aux regardeurs les plus avisés.

Daniel Abadie 
(extrait de La grande Errósion des images aux éditions La Pierre d’Alun, Bruxelles, 2015)

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16/06/2010

erró... on en parle

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The Brussels Tribune N° 16 - Juin 2010

28/05/2010

Erró

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Je suis toujours à lʼaffût dʼimages, de documentation, de revues, de catalogues et de dictionnaires illustrés. Jʼai besoin de matériel efficace et, au cours de mes voyages, je fouille partout chez les soldeurs de livres, dans les kiosques. Jʼaccumule une quantité énorme de matériel et, lorsque jʼai réuni beaucoup dʼimages se rapportant à un thème, cʼest signe de commencer une série. Le processus consiste ensuite à sélectionner les images, à les « marier » ensemble pour en faire des collages, puis des tableaux.
Il y a des sortes de lois qui permettent à des séries dʼexister dès lʼinstant où elles en ont trouvé dʼautres pour fonctionner picturalement. Je cherche ainsi, parfois longuement, le ou les documents qui vont donner vie à des images stockées. Pour que le mariage puisse se faire entre documents, il faut que je sente la possibilité dʼune tension commune. Parfois leur accord tient à la force de leur affrontement. Afin dʼêtre habité par le sentiment que « tout peut arriver », je mʼefforce de me trouver dans une totale disponibilité technique et mentale. La peinture représente pour moi une sorte de voyage à travers les formes, les espaces, les styles et non la défense dʼun territoire formel précis.
Face aux images collectionnées (Tableaux de Van Eyck ou de Picasso, photographies, bandes dessinées) se manifeste un irrespect tendre. Dʼailleurs, la vraie tendresse sʼaccompagne peut-être toujours dʼun certain irrespect. Elle ne supporte pas la vénération et une attitude
trop distante.
Il me semble que je suis comme une sorte de chroniqueur, de reporter, dans une énorme agence qui rassemblerait toutes les images du monde, et que je suis là pour en faire la synthèse. Mais, à bien y réfléchir, estce que Rubens travaillait autrement ? Il avait amassé
à Rome un énorme matériel documentaire et il avait un
nombre incroyable dʼassistants. Cʼest un peu pareil, à cette différence près que, pour moi, tous les jours, des centaines de photographes, dessinateurs, éditeurs et autres jouent le rôle dʼassistants.
Erró

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