16/08/2010

claessens

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Les femmes de Julien sont comme les femmes, comme les femmes de ma vie, comme celles qui m’ont élevé, ma mère, sa sœur Marguerite et Maria, ma grand-mère.
Comme celles qui ont mené mon existence. Sans cesse et sans cependant que je ne ressente ni mainmise, ni autorité.
Les femmes de Julien sont captivantes sans nous retenir prisonniers. Attachantes sans nous lier.
Elles me troublent, je les aime. J’ai l’impression qu’elles m’aiment.
Les grandes, je veux dire celles qui figurent sur les plus grands tirages, surtout trois d’entre elles, me fascinent, me happent, me donnent le vertige. L’une, très fort. Une autre me fait fondre, la troisième excite beaucoup ma curiosité physique.
Les petites, c’est autre chose.
Celle dont on ne voit que la reptilienne épine dorsale, et la voilée, entre carmélite et musulmane, et une autre encore, la douce des douces...
Je joue à savoir avec laquelle j’aurais aimé vivre le monde et faire l’amour.
Je suis fasciné par celle, cuisses offertes, qui porte ce masque de démon cornu que je devine rouge.
Mais, à peine cela dit, je regrette l’absence des autres...

Chistian Carez

16/06/2010

erró... on en parle

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The Brussels Tribune N° 16 - Juin 2010

28/05/2010

Seguí - presse 3

23-04-2010-RPT-L.B

Seguí - presse 2

22-04-2010-Le Soir-DG

Erró

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Je suis toujours à lʼaffût dʼimages, de documentation, de revues, de catalogues et de dictionnaires illustrés. Jʼai besoin de matériel efficace et, au cours de mes voyages, je fouille partout chez les soldeurs de livres, dans les kiosques. Jʼaccumule une quantité énorme de matériel et, lorsque jʼai réuni beaucoup dʼimages se rapportant à un thème, cʼest signe de commencer une série. Le processus consiste ensuite à sélectionner les images, à les « marier » ensemble pour en faire des collages, puis des tableaux.
Il y a des sortes de lois qui permettent à des séries dʼexister dès lʼinstant où elles en ont trouvé dʼautres pour fonctionner picturalement. Je cherche ainsi, parfois longuement, le ou les documents qui vont donner vie à des images stockées. Pour que le mariage puisse se faire entre documents, il faut que je sente la possibilité dʼune tension commune. Parfois leur accord tient à la force de leur affrontement. Afin dʼêtre habité par le sentiment que « tout peut arriver », je mʼefforce de me trouver dans une totale disponibilité technique et mentale. La peinture représente pour moi une sorte de voyage à travers les formes, les espaces, les styles et non la défense dʼun territoire formel précis.
Face aux images collectionnées (Tableaux de Van Eyck ou de Picasso, photographies, bandes dessinées) se manifeste un irrespect tendre. Dʼailleurs, la vraie tendresse sʼaccompagne peut-être toujours dʼun certain irrespect. Elle ne supporte pas la vénération et une attitude
trop distante.
Il me semble que je suis comme une sorte de chroniqueur, de reporter, dans une énorme agence qui rassemblerait toutes les images du monde, et que je suis là pour en faire la synthèse. Mais, à bien y réfléchir, estce que Rubens travaillait autrement ? Il avait amassé
à Rome un énorme matériel documentaire et il avait un
nombre incroyable dʼassistants. Cʼest un peu pareil, à cette différence près que, pour moi, tous les jours, des centaines de photographes, dessinateurs, éditeurs et autres jouent le rôle dʼassistants.
Erró

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01/04/2010

seguí - presse 1

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La Tribune de Bruxelles - N°14 - Avril 2010

22/03/2010

antonio seguí

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En peignant Bernie Madoff, Antonio Seguí l’a fait entrer dans l’histoire de l’art. Cette série de tableaux sera probablement le seul souvenir positif qui restera du financier voyou. L’art du peintre recouvre sa douteuse carrière d’une patine sombre faite de pathos et de satire. Même la plus peuplée des toiles de Seguí ne saurait contenir les multitudes que Madoff a escroquées. Mais la licence poétique est permise aux artistes, et ici le peintre procède à une représentation sélective des victimes. Cuando llegó Madoff (Quand Madoff est arrivé) synthétise la situation: les citadins de Seguí paraissent traditionnellement subir les effets de la pression urbaine, le stress qui accompagne l’ambition pour les riches et les puissants, et la perspective obsédante de l’échec.
Nadie supo lo que se venía (Personne n’a su ce qui se préparait) résume la nature de la faillite qu’ont récemment connue les peuples d’Occident. Seguí épingle sur la toile non seulement la propre mort du brigand, mais aussi celle de toute une génération de spéculateurs et de joueurs invétérés. L’artiste peint une atmosphère de débandade: celle d’une foule de gens détalant dans tous les sens, comme autant de poulets dont on aurait tranché le cou. Dans le cas présent, les pertes se réduisent à de simples baisses de statut, à moins de zéros sur le compte en banque. Bien des citoyens mériteraient de posséder l’une de ces œuvres, en manière de rappel de leur folie financière. Combien cependant auraient assez d’humour pour regarder le drame se dérouler, jour après jour, sur un tableau de Seguí?

Edward Shaw, Tunquén, Chili - septembre 2009
Traduction Paul Lequesne – extrait