03/03/2009

denis pouppeville

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Le bestiaire anthropomorphe de Denis Pouppeville nous accueille en quelques secondes avec toute la force de l’imaginaire qui auréole sa perception du monde. La sagacité de l’artiste coïncide avec la richesse et la diversité de ses maniements chromatiques, d’une grande délicatesse. Il travaille à l’encre, à l’huile, à l’aquarelle, orchestrant chaque création de tous les matériaux qui épousent le support, en y réfléchissant une lumière souvent crépusculaire. Ses opacités colorées animent le motif d’encre noire qu’il trace avec virtuosité.
Ce que ses œuvres nous offrent, au premier abord, est l’inestimable, précieuse et rare sensation d’émerveillement, le sentiment d’une invitation dans aucun autre récit connu, composé comme des Chroniques imaginaires de gens ordinaires. Là, se déjouent peut-être les interrogations nées de son dialogue permanent avec le monde, mêlé de fantasmes et de souvenirs d’enfance.
Un souvenir d’enfance est une image qui combine le réel avec sa correspondance dans l’imaginaire et restitue une atmosphère, émotion qui parcourra ensuite le reste de nos vies.
Chacun de ses personnages chimériques correspond à une vie. Chimériques? Ils en ont l’apparence: visages à bec d’oiseau, têtes de poissons, animaux anthropomorphes arborant fièrement un haut-de-forme, clopant, buvant et partageant avec les hommes leurs futilités. N’est-il pas envisageable, après tout, qu’un poisson mène la danse, pour qui célèbre le triomphe du coeur et de l’esprit? Que ce même poisson repose plus loin, l’air de rien, sur une tête qui le promène dans ces espaces où une architecture brinquebalante stigmatise l’incessant renouvellement de tout ?

Extrait
Charlotte Waligora

jean rustin

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Les remugles d’un peintre averti.
Lorsque, début des années septante, Jean Rustin quitte une peinture abstraite de bon goût pour se retrouver dans la solitude d’une figuration récurrente d’images oubliées, il invente le tableau spectateur.
En effet, des enfants-adultes sont dégorgés avec simplicité et même tendresse.
Le sujet émerge dans la grisaille avec une structure simple, close, offrant si peu d’ouverture vers l’extérieur.
De tableaux en dessins, il nous livre
des yeux fixes, des bouches maculées, de petites blessures, des narines creuses et porcines, des tétons liquides et des vagins exponentiels.
Ils ont besoin de se tâter le visage,
le ventre, le sexe, les bras.
S’il n’a pas d’intention précise, il laisse remonter une expérience inscrite, refoulée et existentielle.
Cela s’appelle une peinture incarnée. 

camille de taeye, septembre 2008

Alain geronneZ

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Il y avait, rue de Savoie, un coiffeur, Jean je crois. Coiffeur-terreur: il voulait toujours couper plus court que désiré. Pour couper court à la discussion, on annonçait d’emblée: «pas trop court s’il vous plaît», mais il disait que ce n’était pas la peine de venir pour couper si peu. Et il tentait de couper trop, de ne pas laisser la moindre de nos jolies boucles aimées de maman.
C’était l’époque des cheveux en brosse, la vie se voyait en blouson noir plutôt qu’en rose. Mais pourquoi un vieux coiffeur de quartier voulait-il couper si court? Pour être à la mode?
Récit fondateur: ce fut le début de relations difficiles. Quinze ans plus tard, il ne serait plus question de toucher à mes cheveux, même quand papa montait sur ses grands chevaux.
J’ai toujours su que je voulais être artiste mais, que voulez-vous, je ne savais pas grand chose de l’art. Il me fallait encore découvrir le joyeux cubiste traçant au peigne un sillon dans l’huile brune ou, plus grave, le «que je peigne» de Duchamp.
Je découvrais ensemble le champ de l’art et de la coiffure, muni d’un appareil photo désormais (chez moi, l’appareil photo fait partie du tas de vêtements à côté du lit, je le passe naturellement autour du cou comme d’autres nouent une cravate ou nœud pap’). La surprise était grande de tomber sur des vitrines de coiffeurs annonçant «art et coiffure», car je n’avais jamais pensé les deux termes ensemble. Aujourd’hui, je dois constater que ce genre de photos se trouve dans mes collections. Je préférais voir les salons de coiffure dans la rue, être de l’autre côté de la caméra: je n’étais pas le genre salonnard.
Le jour où ma petite amie a suggéré avec insistance que je devrais passer par un coiffeur, je suis tombé avec soulagement sur «Le Salon d’Art» de Jean Marchetti, après avoir connu quelques moments difficiles. Je me souviens d’un coiffeur au tempérament de feu qui maniait le rasoir à grands gestes sur fond de Zappa – je suis surpris d’avoir encore toute ma tête... tiens, mon dentiste fraise sur du Schönberg: ce n’est pas que je n’aime pas le dodécaphonisme non plus, mais il y a des moments où l’on préfère le calme à la tempête. Ouf, je pourrai entrer au Salon d’Art sous prétexte d’aller voir les œuvres, et incidemment être coiffé, en douce... laisser faire l’homme de l’art à sa guise: je me suis assagi.
Vous savez l’essentiel à présent: je tente de nouer les non-sens, de retrouver d’anciennes photos, d’en faire de nouvelles qui seront anciennes sitôt prises, et de les joindre à mes souvenirs d’œuvres marquantes: j’utilise la citation comme une partie nécessaire de mon travail de «reporter des chiens écrasés de l’art», espérant mettre les super-rieurs de mon côté.   

Alain géronneZ 06.2008

17/06/2008

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the bulletin may 29 2008 

10/06/2008

glen baxter - presse 3

Brussel > Tekeningen van Glen Baxter                                                * * * *

Humor is een milde vorm van paniek

Le Salon d’Art et de Coiffure in de Munthofstraat, hartje Sint-Gillis, is misschien wel de vreemdste kunstgalerie die de hoofdstad van ons surrealistische vorstendom rijk is. In de vitrine onder het uithangbord van Roland Topor verbroedert een discrete prijslijst van de *coupes* met werk van de Britse tekenaar Glen Baxter. Een kappersstoel voor een spiegel herinnert ons eraan dat de man die de galerie in 1976 heeft gesticht, de innemende intellectueel en coiffeur Jean Marchetti, elke dag met schaar en kam in de weer is. Door de jaren heen heeft hij in zijn twee ruime kamers de crème de la crème van de hedendaagse kunst getoond. Marchetti werkt uitsluitend met levende artiesten: nu de grote namen uit de kunstgeschiedenis dood zijn, is het tijd voor iets nieuws. De man houdt er ook de eenmansuitgeverij La Pierre d’Alun op na en realiseert bibliofiele uitgaven van kunstenaars als Alechinsky en Dotremont, Amélie Nothomb en Patrick Roegiers, Satie en Ensor, Louis Scutenaire en Fred Bervoets. In meer dan dertig jaar heeft Marchetti een eigenzinnig en foutloos parcours afgelegd. Daarbij is een dosis toegepast surrealisme nooit ver weg.

Dat het artistieke kapsalon de Brusselse thuishaven van de excentrieke Brit Glen Baxter (1944) zou worden, stond in de sterren geschreven. Zijn biografie vermeldt niet toevallig dat hij geboren werd in Leeds, *a tiny suburb of Belgium*. Baxters werk werd in de lage landen liefdevol ontvangen, onder meer door *Humo*, en tekeningen van zijn hand verschijnen nog altijd in *Le Monde*. Baxter is een surrealist *pur sang*, die de traditie van Magritte en Duchamp moeiteloos doet versmelten met fenomenen als Monty Python of The Penguin Café Orchestra, terwijl ook de geesten van Erik Satie en Ivor Cutler graag in zijn hersenpan spoken. Met deze laatste deelt Baxter een fascinatie voor roos, *dandruff* in de taal van Shakespeare. Marchetti’s salon maakt de cirkel rond. Hij exposeert recente tekeningen waarin niet zelden kappers aantreden, naast de klassieke cowboys, ontdekkingsreizigers en verdwaalde historische figuren op prentjes die herinneren aan vooroorlogse jongensboeken. Baxters handelsmerk, de lijzige teksten die de situaties tot surrealistische tableaus transformeren, zouden schatplichtig kunnen zijn aan titels van Magritte, maar zelf zweert de tekenaar bij een autobiografisch verhaal uit zijn kinderjaren. De stotterende jongeman werd door zijn moeder om boordknoopjes gestuurd, oefende onderweg de boodschap in, raapte al zijn moed bijeen en stapte de winkel binnen. De zin rolde zonder haperen uit zijn mond, maar de meubelverkoper wees er Glen fijntjes op dat de herenkledingzaak even verderop hem allicht beter zou kunnen helpen. Jaren later herkende Baxter de situatie als *la condition surrealiste* van André Breton. Het absurde zou voortaan zijn element zijn: het misplaatste, het ongepaste, de foute synchronisatie van woorden en beelden. Elk werk is een zoekplaatje: het bijschrift klopt niet, en ook in de tekening zelf zijn dissonanten naar binnen geslopen. Krokodillen wachten op hun ontbijt in een Engels salon, een jongen gaat schemerlampjes te lijf met een baseballknuppel. Onder de titel *Trouble in the design museum* knagen ratten aan een Rietveldstoel. Vierenzestig jaar is de magiër uit Leeds nu, maar zijn streken heeft hij niet verleerd.
                   
Eric Min

Tot 12 juli in Le Salon d’Art et de Coiffure, Munthofstraat 81, Brussel. Open van dinsdag tot vrijdag van 14u tot 18u30, zaterdag van 9u30 tot 12u en van 14u tot 18u. Gratis.

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09/05/2008

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The Bulletin - may 8 2008 - No 18