24/04/2008

glen baxter

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présente
“when i’m sixty-four”

  baxter

  glen baxter
dessins et estampes

du 5 mai au 12 juillet 2008
vernissage le lundi 5 mai à 19 heures
 
congés annuels du 15 juillet au 17 août inclus
 
Just who is this Glen Baxter? He has been described as a cartoonist and yet his work is neither political nor overtly topical. It does not rely on elements of caricature and frequently seems to veer towards the esoteric and the obscure. For some critics, his work seems deeply rooted in the tradition of The Absurd- tracing a line from Lewis Carroll and Jonathan Swift to Buster Keaton, Tom Mix, Raymond Roussel and René Magritte.
It is claimed that Baxter’s work is quintessentially English and appears regularly in Le Monde, the magazine L’Actualite Poitou Charentes and The New Yorker. On the artist’s website it states that he was “born in Leeds, a tiny suburb of Belgium.”
What can this mean? Was there some traumatic event in his childhood which has led to this revelation?
As a young boy, growing up in Leeds, Glen Baxter had a stammer. One day his mother sent him to buy a collar stud for his father’s shirt. Fearful of making a mistake and stammering out the wrong words, the young Baxter set off on his mission, rehearsing the words “I’d like to purchase a collar stud, please”.
By the time he reached the shop he was completely focussed on the words he must say. He marched into the shop and up to the counter where the shop assistant was standing. He spoke fluently “I’d like to purchase a collar stud, please.”
The man behind the counter leaned forward and peered at the young boy through horn-rimmer spectacles in utter amazement, as if a Martian had just entered his shop.
“I think you’ll find the gentleman’s outfitters next door may be able to help” he advised the boy.
The young Baxter turned and made his exit through the furniture shop.
By focussing so intensely on the sentence he had to speak, the young lad had spoken the words perfectly, yet in entirely the wrong context.
Years later, at art school in Leeds, Baxter was reading André Breton’s description of the surrealist condition when he realized that he had been living a surrealist existence for years. For the first time in his life he felt completely at home. [...]
Since that time his books have been published throughout the world and there have been many exhibitions, yet the man remains an enigma.
He recently turned 64, and unlike the famous Beatles song “he is not losing his hair” but he continues his obssessive depictions of dandruff.
Recently, when asked to name his favourite fictional character, he replied ‘FANTÔMAS’.
Perhaps his latest exhibiton of his work will allow us to enter the world of the artist whose work was seemingly shaped by a childhood encounter in a furniture shop...

Professor C Howard, Chair of Absurdity, Athens, March 2008

27/03/2008

vandenberg

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cher jean,

  vandenberg

  vandenberg
œuvres récentes

du 3 mars au 3 mai 2008
vernissage le lundi 3 mars à 19 heures
 
congé de printemps du 23 mars au 7 avril 2008 inclus
 
 
J’ai naturellement beaucoup réfléchi, après ton départ, à notre «entreprise».
Pour moi, comme je crois te l’avoir expliqué, chaque exposition, dans chaque lieu, soit un musée, soit une galerie, soit... fait partie intégrale de l’acte créatif.
Je me sens responsable de la façon «de montrer mon oeuvre», et j’attache une importance urgente à chaque détail, tout comme dans l’acte de peindre même.
Une exposition est toujours un moment important et nécessaire, car l’œuvre doit être «vue». Ensuite, soit elle revient à l’atelier, où elle sera peut-être encore transformée (rien n’est définitif...), soit elle trouve sa place dans une collection qui prendra soin d’elle...
«Construire» une exposition, tu le sais bien, n’est pas chose facile. En fait, rien dans la création n’est «chose facile» et ici, j’ose citer Marie Depussé: «Dieu gît dans les détails», mais il faut se baisser pour l’y ramasser...
Je voudrais que cette aventure nous étonne et peut-être nous ravisse tous deux. Ce n’est pas rien.
J’ai vu ton regard sur la «pièce à rondelles», colorée aux pastels qui était prévue pour mon exposition au musée de Gand et je crois, qu’en effet, elle pourrait très bien fonctionner chez toi (dans l’étalage, par exemple) donc, montrons-la chez toi, je trouverai une autre solution pour Gand.
Je voudrais encore te demander de bien veiller à la reproduction couleurs de l’œuvre pour l’affiche. J’ai une méfiance paranoïaque envers tous les imprimeurs du monde, vu le nombre de déceptions... La couleur orange, je le sais, est très délicate à reproduire, mais elle sera magnifique sur son fond avec les lettres noires du texte. L’imprimeur doit veiller à ce que l’orange soit vraiment lumineux et pas une variante «brunâtre» comme cela m’est déjà arrivé (cfr mon livre «Le kamikaze»). Je te fais confiance...
Voilà, je tiens à te dire que notre «sortie» m’enchante et que l’étonnement deviendra porteur de magie. Je ferai au-delà du possible...
 
À bientôt, Philippe Vandenberg

anne desobry

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un ordre instable

  desobry

  anne desobry
dessins & estampes

du 14 janvier au 1er mars 2008
vernissage le lundi 14 janvier à 19 heures
présentation de «demeure de mélancolie», de bernadette engel-roux,
illustrations de anne desobry, éditions la pierre d’alun
 
Vous m’imposez un langage. Me l’enseignez. Je me soumets à ces signes, ils me servent à vous dire. J’y transcris vos passages, vos figures, vos feintes. Mon défaut s’y inscrit. Je recompose un ordre où d’autres liraient le monde. Et se reconnaîtraient. Moi défiguré.
Un ordre instable. Je cherche le point parfait où s’équilibreraient la présence et l’absence, la plénitude et le manque, mon désir et ma peur, la clarté et la nuit. L’aube est effrayante. J’y suspends ma dépouille.
Un peu d’encre sur ma page. Une empreinte, susceptible de multiplications et de métamorphoses. D’effacements, et de mutilations. C’est ainsi que tout commence. S’achève dans le même temps. Dans le temps bouleversé. J’écris ma pauvreté.
On croit un commencement à tout. Premier signe sur ma page. Puis d’autres, en mots conjoints et rythmes nécessaires. Sans doute étais-je disposé à vous reconnaître, vous recevoir, vous obéir. Je me disposais, à mon insu, à votre impératif. Le poète est une disposition à.
 
Bernadette Engel-Roux
extrait de «Demeure de mélancolie»

18/11/2007

pierre alechinsky

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reliefs d’industrie et autres saillies

  boussu7alechinsky

  alechinsky
travaux récents

du 19 novembre au 29 décembre 2007
vernissage le lundi 19 novembre à 19 heures

parution de « insolations de nuit »
et de « deux lettres avec vue sur chaos »,
textes de marcel moreau, illustrations d’alechinsky,
aux éditions la pierre d’alun

fermeture du 30 décembre au 12 janvier 2008

J’y suis né, à Boussu, au sortir de deux ventres: l’un minier, l’autre maternel, d’entrailles comparables, également fortes en ténèbres, les deux ne se séparant que sur le problème des noms à donner aux puissances utérines. [...]
Pierre me met sous les yeux une luxuriance de sensations fortes, éprouvées dans le désordre et la nuit, à l’âge où je me cherchais désespérément des issues sans Dieu dans le sexe féminin et la lecture des maudits. Tout y est, dans cette peinture d’une histoire mienne, inaugurale sans doute et pourtant longtemps perçue par moi comme gâchis: le sang, les paroxysmes, le romanesque, l’envisagement d’un absolu, la fréquentation des abîmes. Tout y est, avec ce quelque chose de plus que lui ajoute l’artiste: une effervescence chromatique de derrière les fagots. Jusqu’ici, je n’avais pas fait grand cas de cette période, elle me semblait impénétrable, faute d’éclaircies convertibles en illuminations. Je ne laisserais dire à personne que j’eus une adolescence heureuse, en tout cas digne d’un inventaire. J’avais fini par la considérer comme impropre à la consommation des remembrances, de celles dont on attend le retour de quelque saveur perdue, restée vaille que vaille juvénile, ou de quelque féerie oubliée, abolie par une maturité précoce, plus à l’aise dans la tragédie à l’antique que dans la statistique des émerveillements puérils. Grâce à Pierre, je peux enfin me pencher sur mes racines, sans pour autant en faire un dogme, une ossature ou un sacré. Mes racines ne seront jamais, pour mon écriture en trépidation, une raison de s’en sédentariser. Il est trop tard pour ça, mon écriture obéit à une traction qui les arrache au sol et les change en remous élévatoires et textuels, multipliant ainsi les lieux de ma naissance à l’incroyable immensité des «espaces du dedans», qu’une certaine civilisation de la déshérence abandonne sans vergogne à l’empire des nombres, et au désœuvrement des démons de l’être, au profit des robots de l’avoir.
Aujourd’hui, je vous présente une peinture extraordinaire, dont le modèle est une plaque tournante, jadis (1904) vissée sur une portière de locomotive, et désormais rendue à la plus grande liberté, qui est de vaincre la pesanteur par la rotation et son avatar indépassable, la danse du fond et de la forme pour prix d’une vérité qui ne soit pas un dépôt, mais avant tout un spasme au départ d’un échevellement, ou une désarticulation touchée par la grâce. Je dis qu’elle est tournante cette plaque, démangée de rythme, puisque sous quelque courbe qu’elle m’apparaisse, je ne me lasse pas d’y voir la capitale en quelque sorte centrifuge de mes débordements, et la poigne d’un ami passé maître dans l’art de transcender d’un bond ou d’une torsion la matière lymphatique des contreforts du visible. Pour tout cela, je te remercie diablement, Pierre.   

Marcel Moreau

08/11/2007

pat andrea

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la botanique

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  pat andrea
dessins & estampes

du 8 octobre au 17 novembre 2007
vernissage le lundi 15 octobre à 19 heures
présentation de
«alice au pays des merveilles/ De l’autre côté du miroir»,
illustré par pat andrea aux éditions diane de selliers
fermeture exceptionnelle les 2 et 3 novembre

On sait que Lewis Carroll a mis lui-même en images le manuscrit original d’Alice au pays des merveilles pour l’offrir à son égérie Alice Liddell. On sait aussi qu’il a été trahi par ses illustrateurs qui ont daté, socialisé, dédramatisé son œuvre, lui ont enlevé jusqu’au dernier gramme d’étrangeté, de subversion. Pat Andrea fait exception. Et pour cause. Il n’a pas attendu de traiter le diptyque Alice pour inscrire son art singulier dans la logique de Lewis Carroll dont les dessins ne cherchaient rien d’autre qu’une représentation radicale de l’imaginaire et du nonsense à travers le vertige, le déséquilibre, le vacillement général. Comme chez Carroll, point ici de décor, de perspective, de profondeur. Point non plus de compromis avec le pittoresque, la psychologie et l’anecdote. Par contre, il y a intensification des signes de l’inversion, de l’ambivalence, de l’ambiguïté, du paradoxe et du temps aboli. Surtout, il y a confrontation manifeste entre l’espace du dedans et l’espace du dehors. L’apparence réaliste du végétal renforce le caractère fantomatique de la figure humaine, laquelle relève essentiellement du songe. L’un et l’autre sont posés sur des plans différents qui se cognent, se juxtaposent en partie : mondes intercalaires, peut-être. Comme chez Carroll, les plantes sont douées de la parole mais sur une fréquence qui précipite dans un silence abyssal. D’où l’effroi, l’incertitude qui marque les visages. D’où les phylactères vides qui pourraient signifier aussi la surdité du spectateur, sa difficulté à saisir la dimension sonore de la chose dessinée ou peinte, à distinguer l’évidence de l’énigme.


Daniel Fano