04/05/2016

thierry mortiaux

le lundi 9 mai de 18 à 20 h 30,
vernissage / séance de dédicaces
de « Jean Ray, 14 rue d’Or »,
texte inédit de Henri Vernesillustré par Thierry Mortiaux,
préface de Jean-Baptiste Baronian,
collection La Petite Pierre, aux éditions de La Pierre d’Alun

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Cela fait belle lurette que le monde est sens dessus dessous et que les êtres humains, eux, vont et viennent çà et là, sans trop savoir où ils vont ni d’où ils viennent. Cela fait longtemps, très longtemps. Cela remonte à la nuit des temps.

Et voilà pourquoi des hommes et des femmes de toutes sortes, de tous âges, de toutes époques, de toutes conditions, se croisent et se retrouvent un peu partout, dans la rue, sur un quai, devant le zinc d’un café, au bal, au bordel, au cœur des rêves les plus fous...

Ils sont seuls, ils sont plusieurs, ils sont à queue leu leu, ils se tiennent les uns les autres ou ils ne se tiennent pas du tout, ils sont ébahis, ils sont perdus, ils ne sont que des ombres errantes, ils ne sont que des âmes en peine.

Quelqu’un les a vus sous son œil goguenard et amusé. Quelqu’un les a suivis à la trace, nuit et jour, sans relâche.

Il s’appelle Thierry Mortiaux.

Il a fait une chose qu’il fallait oser faire, armé d’une imagination inouïe et d’un sens prononcé, irréversible, de ce monde grotesque, aux frontières incertaines de la farce et de la tragi-comédie : il a gravé tous ces hommes et toutes ces femmes dans la mémoire collective.

Jean-Baptiste Baronian

01/04/2016

philippe favier, on en parle...

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arts libre #310 du 25 au 30 mars 2016

05/03/2016

philippe favier

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Rire de la mort, n’est-ce pas manière d’en exorciser les peurs ? Dès ses premières œuvres, encore étudiant à l’École des Beaux-Arts de Saint-Etienne, Philippe Favier a présenté, sous forme de petits dessins tracés au stylo-bille, des scènes de guerre, non celles dramatiques et sinistres que diffusent en permanence sous le nom d’actualités les médias mais, comme les représentent, à la façon d’un jeu, les enfants. Si quelques-uns des soldats gisent bien sur le sol, ce qui retient d’abord le dessinateur, ce sont plutôt les tirs, petits feux d’artifice dont le tracé des balles, matérialisés par des lignes de points et de traits, évoque, dans leur naïve inconscience, l’enthousiasme d’Apollinaire : « Ah Dieu ! que la guerre est jolie ».

Ce reste d’enfance se doubla vite, dans les fixés sous verre qui en prirent la suite, d’une multitude de minuscules squelettes s’activant de façon dérisoire à tous les gestes des vivants. Cette fascination, qui à la fois nie la mort réelle des petits soldats et réveille les squelettes pour leur faire reprendre tous les gestes du quotidien, ceux même de la vie, tels que Signorelli les fixa aussi dans les fresques d’Orvieto.

Enfant, pour sa part, Favier découvrit l’étrange ossuaire de la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château où le mélange d’alun et d’arsenic présent dans le sol a naturellement momifié les morts jusqu’à garder leurs peaux collées sur leurs ossements. Que la mort et la vie ne puissent ainsi faire qu’un rend dérisoires l’une et l’autre. En maître du bonneteau, en magicien du minuscule, Favier les manipule à son tour jusqu’à nous égarer.

Ainsi naquit la série Abracadavra, dont le nom seul dit tout. Acheté aux Puces, un lot de vieilles plaques de cuivre destinées à l’impression des cartes de visite, incita Favier à modifier celles-ci jusqu’à retrouver, en piochant de diverses manières dans les noms des anciens utilisateurs, autant de sources pour de petites histoires qui, bien que squelettiques, les ramèneraient ainsi un moment à la vie.

On sait l’importance que Marcel Proust accorde, dans La Recherche, au code des cartes de visites comme marqueurs de la vie sociale. Seule, la Princesse Mathilde, pour signifier sa volonté de rompre tout commerce avec l’une de ses connaissances, lui adresse une carte inscrite P.P.C., définitivement utilisée Pour prendre congé

C’est une autre forme de P.P.C. que pratique Philippe Favier : ses interventions sur les cartes de visites d’Abracadavra renvoient certes leurs anciens propriétaires à un oubli définitif mais, préalablement, leurs offrent cet ultime linceul brodé de manière inattendue comme pour, une fois encore, amadouer la Camarde.

Daniel Abadie 2016

01/03/2016

camille de taeye, on en parle...

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Beau de chagrin. Bernard Roisin, L'écho, 27 février 2016

18/02/2016

camille de taeye, on en parle...

Camille De Taeye, Interview de Jean Marchetti par Pascal Goffaux

Le coiffeur et galeriste Jean Marchetti présente dans son salon de coiffure une exposition de feu Camille De Taeye jusqu’au 5 mars. Dans le passé, Jean Marchetti, l’éditeur de La pierre d’alun, a publié deux ouvrages illustrés par Camille De Taeye. Aux cimaises, les images énigmatiques baignent dans une atmosphère vaporeuse. Un escarpin marque de son talon aiguille une sensualité douloureuse. Un squelette nu a vissé une tête de Minnie sur ses os. Le monde de Camille De Taeye flirte avec la mort et les chairs disparues.
Le Salon d’art est installé au 81 de la rue de l’Hôtel des monnaies à Saint-Gilles.

27/01/2016

les 40 ans... on en parle

ici : musiq3 - Le Salon d'Art 40 ans

(pour info : http://www.rtbf.be/musiq3/article_salon-d-art-40-ans?id=9196282)

En 1976, le coiffeur Jean Marchetti ouvre une galerie dans sonsalon de coiffure de la rue de l’Hôtel des Monnaies à Saint-Gilles.Installé aujourd’hui au n° 81, le salon accueille le client amateurd’art. Jean Marchetti est également un amoureux du papier. Ilfonde en 1982 les éditions La Pierre d’alun qui publient des textesillustrés par des images. Les mots d’un écrivain dialoguent avecles visions d’un plasticien. Les rencontres sont toujours originales.Le Plumier de vent est un recueil de poèmes de feu FrançoisJacqmin paru avec des illustrations d’Alexandre Hollan. PierreAlechinsky illustre les Indications de jeu du musicien Erik Satie.Ouvrez la tête, Elargissez votre impression sont des injonctions ducompositeur qui font écho à l’enseigne que le Figaro galeriste achoisi avec l’accord de son auteur qui est l’imagier Roland Topor.L'enseigne représente un homme vu de dos, un peigne planté dans la tête dont la moitié du crâne est mis à nu par lecerveau. Topor était un tendre qui s'amusait à semer la panique.

 

 et ici : rtbf.be

(pour info : http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=2078155&channel=musiq3)

19/12/2015

camille de taeye

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Surgies des brumes où le peintre s’est évanoui en 2013, ces grisailles parfois touchées de couleurs n’ont jamais été exposées. Feutrées et boréales, brutales et tendres, elles ont un peu valeur d’icône dans ce cheminement tendu entre la vie et la mort, montrant comment Camille naît à lui-même ces années-là en courtisant le vu et le vécu, le concret et l’improbable, le burlesque et le romanesque. Rapidement, il déploie sa stratégie d’alerte et de sauve qui peut dans le choc des contraires, l’imbroglio des symboles, l’incongruité des situations. Pas de commencement à proprement parler, de différence notoire en fonction des dates. Pas de musculation, autrement dit, de temps où, s’échauffant, le peintre planterait le futur. D’emblée, ce monde de volupté et de glace et ce langage sont le sien, mêlant aux matériaux du quotidien et de la nature les objets de désir et de menace. À la fin des années 70, les images sont fortes déjà en tension onirique et la grammaire plastique, chavirée. La géographie du sens dessus dessous et l’arsenal De Taeyens ou detaeyens ? sont en place. Squelette, nus, tête de Minnie, patin à glace, miche de pain et plaines lointaines, montagnes, torrents, forêts saignées en clairière... fantasment la représentation. Le désir est là, en embuscade et sans tabou. Une jambe, un rasoir, des crayons en carquois, un serpent, un escarpin se faufilent entre résurgences du passé et baisers de la mort, saluant ce monde abondant et prometteur qui ne perd rien pour attendre. Tôt aussi, le langage réconcilie peinture et dessin. Jamais l’un sans l’autre. Un dessin en virgule, dru, moucheté, presque cellulaire pénètre la toile mouillée, l’innerve, l’irrigue. Vaporeuse, la sensibilité picturale étire en nappe des lumières diffuses, suscite des éblouissements, égrène des camaïeux. Parfois, par le truchement d’un poisson rouge, d’un costume cravate et de couleurs acides, elle fait flamber la toile. Un poète de l’orage et de l’énergie est né, sans aucun doute.

Danièle Gillemon