15/03/2014

alban & martial bronsin

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Le Salon d’Art présente épisodiquement des artefacts traditionnels de cultures d’outre mer au sein desquelles quiconque participe selon ses besoins ou ses devoirs à une création basique. Certains développent cependant plus que d’autres, par attachement à ce geste, sans que cela soit particulièrement attendu, les aptitudes nécessaires à l’accomplissement artistique dans l’induction d’un espace sensoriel singulier. Ainsi se détachent du nombre des produits conventionnels – des géométries abstraites mimétiques des réalités existentielles, jusqu’à l’imagerie parfois – les ébauches d’œuvres opérantes par la tension d’un espace-temps.

Les objets ont été choisis pour leur prégnance esthétique par les spécialistes Martial et Alban Bronsin. Cette fois ce sont des broderies ajourées surappliquées de costumes de danse du Panama et d’Afrique subsaharienne des vanneries, des perlages, des fers, quelques peintures sur liber battu. Tous sont authentiques, créés pour l’usage en réponse à l’injonction culturelle : l’héraldique clanique des villages Mbole, le couple pasteur/bovidé des Peul M’Bororo, les parcours erratiques des pygmées Mbuti en immersion dans la forêt première notamment... mais l’explication ethnographique nous distrairait de l’opportunité qui nous est offerte de revenir à l’art par la racine.

Fussent-ils grevés d’un message culturel, (ce n’est pas toujours le cas), dès lors du moins qu’ils mobilisent nos sens, les arts travaillent les automatismes perceptifs universels qui nous les font apprécier en deçà de leurs étrangetés. Éprouver un tel message biopsychique n’exige aucun acquis culturel. Même modestes, les œuvres en puissance puisent leurs énergies en nous, hors de notre conscience. Elles ne résultent pas de l’exécution adéquate d’une procédure éprouvée mais bien des développements d’un jeu personnel dont l’enjeu se mesure pour nous à leur pouvoir de marquer notre mémoire et de nous attacher durablement à elles. 

Georges Meurant 

21/12/2013

Gundi Falk

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Entrer dans l’univers de Gundi Falk, c’est expérimenter une peinture qui est rythme et tracé de désirs. Deux séries de compositions sont présentées : des réseaux de lignes découpés dans une structure légère, scandés de points de cristallisation et des tableaux qui explorent des combinaisons de formes organiques tantôt évidées, tantôt pleines.
Entre peinture et sculpture, les cartographies de lignes offrent un espace pur habité par le trajet d’une énergie qui se dépose en un entrelacs de courbes. Dans ces partitions aériennes, ponctuées de nœuds de couleur, l’acte de peindre se confond avec une descente dans les possibilités des lignes, des traits. Au travers de ces mystérieuses topologies, de ces enchevêtrements de traces, Gundi Falk se connecte au phrasé d’une énergie qu’elle convoque en formes dansantes. Sa pratique de la calligraphie, sa formation de danseuse s’inscrivent dans ses créations picturales au sens où ces dernières creusent l’essence de la calligraphie et de la danse, à savoir l’importance du geste, la recherche des mille et une vies des lignes en mouvement.
La série des tableaux jouant des permutations des formes, des inversions entre fond et formes condense un héritage que l’artiste emprunte à la sculpture. Les paysages mélodiques produisent un monde brassant les deux et les trois dimensions. Les ombres portées des sculptures que Gundi a conçues sont translatées sur un support bidimensionnel. Autant de façons d’inventer des régions de voir, de vivre, de sentir à l’écart des répartitions perceptives usuelles, autant de manières de désaxer les partages entre connu et inconnu, d’enregistrer des sensations que la main traduit en résonances, en modulations.
Véronique Bergen, septembre 2013

09/12/2013

De wondere tuinen van Kikie

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COLLECT Kunst & Antiek Journaal, december 2013

Dans le jardin de Kikie

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COLLECT Arts Antiques Auctions, décembre 2013

19/10/2013

Kikie Crêvecœur

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Fermez les yeux : vous êtes dans la verrière d’un jardin d’hiver sur laquelle serait tombée une moisson de feuilles. En même temps, vous êtes troublé : certaines de ces feuilles semblent avoir traversé la verrière... C’est là ce qui donne aux Cimes de Kikie Crêvecœur la vibration caractéristique et fascinante du trompe-l’œil, son tremblé, cet effet de profondeur contrariée propre aux canopées, ultimes réalisations de l’arbre où tout est mouvement à la recherche de sa pointe. Les petits carreaux de cette verrière intérieure sont en fait des gommes gravées ajustées entre elles de façon à composer la mosaïque que vous avez sous les yeux.
Kikie Crêvecœur s’appuie sur la récurrence, ce qui lui donne la forte définition propre à tous les bâtisseurs, mais, alors même qu’elles sont toutes demi-sœurs, voire jumelles, ces petites empreintes noires et blanches  parviennent  à déjouer la répétition.
Le geste n’est jamais linéaire, et cela se sent : visiblement le chemin s’invente et se perd. Elle construit comme un puzzle dont elle ne connaîtrait pas la représentation finale, et d’autant plus complexe qu’ici, les pièces, toutes identiques, ne permettent pas de deviner leur place sur l’échiquier en fonction de leur forme : aucune de ces petites unités fractales ne pouvait laisser prévoir ce qu’ensemble, elles allaient devenir, c’est-à-dire tout autre chose. Kikie réalise une composition, au sens propre du terme.
Au sens musical aussi. Il y a en effet des scansions, des tempi plus sombres, des noirs intenses qui ont la sensualité du velours ou au contraire la constriction de la matité – mais aussi des blancs, comme des arias plus légères, comme envolées. L’alignement des gommes évoque irrésistiblement une gigantesque portée sur laquelle l’artiste aurait choisi de noter sa partition.
Il en va de même pour vous, n’est-ce pas, qui regardez, qui construisez votre dédale personnel – apparaissant, disparaissant –, il vous est difficile à présent de revenir sur vos pas, de reconnaître vos empreintes, tant la gomme qu’à gauche vous pensiez noire, présente désormais des reflets mordorés, tant celle de droite vient de prendre le vert huileux du khôl, tant celle que vous pensiez blanche, il y a un instant, présente comme l’ombre inversée de sa sœur contiguë... Non seulement votre pupille acquiert une acuité nouvelle mais vous apprenez à la façon des taoïstes, la circulation : la gomme regardée contient déjà une partie de celle à regarder, son devenir. Comment mieux figurer les cimes et leurs souffles ?
Kikie Crêvecœur a choisi de conjuguer, de multiplier, de partager. Telle est l’artiste, telle est la personne.

Christine Caillon, septembre 2013

02/09/2013

Pierre Cordier et Gundi Falk, Danièle Gillemon, Le Soir, MAD, 24 août 2013

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Du chimigramme au musigramme..., ROGER PIERRE TURINE, LA LIBRE, 23 août 2013

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