03/06/2013

Quel cirque!

Quel cirque!, Muriel de Crayencour, L'Écho samedi 1er juin 2013

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mortiaux... on en parle!

La farce grimaçante, Guy Gilsoul, Le Vif, samedi 25 mai 2013

http://www.levif.be/info/actualite/belgique/la-farce-grimacante/article-4000312009216.htm

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11/05/2013

thierry mortiaux

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Est-ce désuet de savoir dessiner et peindre, d’exploiter un medium classique qui laisse une trace durable, de faire vivre tout un monde inventé de toutes pièces ? L’imagerie contemporaine se suffit de photos ready made imprimées au laser, dont la persistance minime répond à une logique consumériste certes encore triomphante – jusqu’à quand ? Vrai que l’œuvre de Thierry Mortiaux relève des arts de l’individuation plutôt que de ceux, aujourd’hui encensés, dits « relationnels ».

Mortiaux grave le soir dans un atelier collectif. Il pose directement le vernis sur le métal, sans autre projet que l’imaginaire d’une journée consacrée à l’enseignement des langues. En trois heures tout est fait, quelques épreuves imprimées, et quatre fois par semaine un nouveau sujet. Quelle maîtrise en sept ans seulement d’expérimentation de la gravure, depuis le simple trait sur fond vide de ses débuts jusqu’aux aux espaces variés, différents pour chaque image, qu’induisent désormais les rapports de valeurs, d’intensités, de textures et de grains accordés avec exactitude à chacun des élément constitutif de la composition.

Que dire de la profusion des techniques que Mortiaux met en œuvre pour servir la plongée dans son univers, qui creusent la profondeur et gonflent l’espace perceptif. D’aussi près qu’on les regarde ses gravures offrent à voir par le détail la comédie qui en fut le prétexte. Si nous prenons du recul l’image bondit du mur, chacune à sa façon, tant ses formes et ses mouvements s’ordonnent plus exactement encore dans la tension d’un espace singulier.

Car s’accomplit sans effort apparent, comme si c’était facile ou naturel, la tension ou l’espace-temps par lequel l’œuvre d’art s’impose à nos sens et nous installe en elle. L’humour en est bien réel mais d’une signification relative. Thierry Mortiaux vous a distrait par le jeu auquel il se livre, un jeu tel qu’à sa vue vous vous rassembliez pleinement dans votre intégrité.

Voilà l’enjeu de l’œuvre – en voici un maître.

Georges Meurant

09/01/2010

thierry mortiaux

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Thierry Mortiaux est un lettré. Il parle notamment le russe (il a vécu mille jours en Sibérie) et le mandarin (il s’exerce deux mois l’an en Chine). Il a abandonné la bande dessinée pour la gravure – la succession temporelle des images pour l’espace imposé au papier par la plaque.
Mortiaux dessine beaucoup: à la plume, au pinceau. Ses gravures combinent des éléments de ses dessins (dont il est insatisfait). Il incarne ces fragments dans la matière concrète de la matrice: vernis sur zinc, aquatintes, morsure d’acide et quelques épreuves. Se succèdent au pas de charge les contrastes et les paradoxes – les espaces perceptifs et les tensions sémantiques – d’une dramaturgie vouée à la chair dans un sourire qui montre les dents.
Mortiaux expérimente un large éventail de moyens plus picturaux que graphiques. Il ne s’interroge en rien sur l’art – mais il entreprend la maîtrise des écarts qui font interagir les éléments constitutifs de l’image (mouvements, intensités et grains) jusqu’à susciter l’espace-temps dont l’activité caractérise l’œuvre avérée.
Une mémoire photographique authentifie le détail de ces scènes imaginaires. Et parmi les étrangetés arrachées au métal, nourries de barbaries russes, chinoises ou autres, apparait la trace discrète d’attachements personnels.

Georges Meurant