08/01/2015

koyuki kazahaya

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Dans le travail de Koyuki Kazahaya le réel et la mémoire se fondent dans l’évocation des éléments naturels. La surface de l’eau et le dessous de son niveau visible émettent ensemble des vibrations et des sensations inscrites dans le temps par des événements passés ou à venir.

Le reflet témoigne d’une vision intérieure qui débouche sur un monde à l’envers, en profondeur. Il fait émerger une image aussitôt mise en doute: la lutte éternelle et presque mythique entre l’eau et la terre, avec l’air plus ou moins humide, porteur de particules. 

Le noir contient toutes les possibilités d’apparition. Noirs absorbants qui nous renvoient à notre solitude existentielle. Noir de la nuit, noir du fond de l’eau, noir de l’infini.

Des résonances par antipodes sont sciemment mises en liaison par l’horizon en circonférence et par l’étendue des éléments « eau », « terre » et « air ».

La sensation d’attente ou de retour sur les sites personnels évoque implicitement un vécu jamais manifesté, à peine suggéré.

Des émotions perceptibles transparaissent au travers d’une succession de couches accessibles bien au-delà des premières rencontres avec la personne ou l’œuvre. 

Les moyens utilisés, transversaux, puisent dans les outils « traçant », « imprégnant », « accrochant » les supports fragiles que sont les papiers, en sollicitant parfois la mémoire rétinienne et redeviennent à nouveau des reflets par l’impression ou la lumière des projections.

Les mouvements de l’eau, par vagues successives, infinies, sont repris, sondés jusqu’à poser le sens-même des éternels recommencements. 

Ces reprises éternelles des éléments fondamentaux de la nature sur le cours de notre existence témoignent de la fragilité de celle-ci sur cette planète, elle-même de plus en plus éphémère.

 

Dans notre mémoire, comme dans celle de Koyuki Kazahaya résonnent des événements parfois tragiques; le passé lointain et récent de l’île du Pays du Soleil Levant continue à poser la question du sens de la vie et du choix que fait l’humanité.

Maurice Pasternak

08/12/2014

Chronique arts plastiques

Musique 3
Chronique arts plastiques 2014-11-27
GEORGES MEURANT AU SALON D'ART

Pascal Goffaux présente Georges Meurant dans sa chronique


04/12/2014

Georges Meurant - Invitation au verre de l'amitié

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13/11/2014

le salon d’art... dans la chronique de Pascal Lemaître

lemaitre_dessin_salon.gifVictoire, Le Soir, samedi 1er novembre 2014

 

18/10/2014

Meurant

Meurant affiche

 

L’art visuel peut tout se permettre, même le concept, à condition de ne pas oublier les deux gestes qui l’ont fondé :  le contour et l’empreinte. Le premier délimite une forme ou un territoire au milieu de l’espace ; le second leur donne une matière, une présence, une lumière, bref un caractère. Ces deux gestes produisent les éléments à partir desquels le peintre va construire et développer un champ visuel aux dimensions de son support, traditionnellement un tableau. Pendant des siècles, les peintres ont moins conçu un tableau que la représentation qui en était le sujet, et sans doute n’a-t-on pas remarqué aussitôt que Manet puis Cézanne faisaient glisser le sujet vers ce qui le constitue, et qui est LA peinture. Dès lors,  et à leur suite, l’accent allait être mis, selon les peintres, sur le geste, sur le signe, sur la géométrie, sur la matière, sur la surface, et par conséquent sur tout ce qui fait la peinture et motive ses effets sur notre perception, notre intelligence, notre sensibilité. Il est probable que, depuis un siècle, tout a été essayé si bien qu’il n’est désormais rien de plus remarquable que l’obstination d’un peintre à explorer toutes les possibilités visuelles  que sa créativité renouvelle sans cesse. Ainsi de Georges Meurant dont les compositions, en apparence abstraitement géométriques, dissimulent une attention constante à tous les phénomènes que créent les accords de couleurs au fur et à mesure qu’ils se développent. On croit voir un assemblage de carrés, de rectangles, un tressage de formes simples, mais si les yeux s’arrêtent et regardent, ils sentent s’élever de cette mosaïque, un mouvement qui gagne en vivacité pour répondre à l’attention que vous lui donnez. Un peu plus tard, on prend conscience d’être engagé dans une relation silencieuse  intraduisible quitte à se dire que la surface, si parfaitement organisée, transpire une apparition faite de la synthèse de toutes ses couleurs. L’impression la plus forte est que l’ordonnance  géométrique du tableau, en jouant de ses diverses parties comme de touches sous le toucher des yeux, émet l’équivalent visuel d’un mouvement sonore infiniment nuancé. Un dépôt, à première vue invisible dans l’agencement des formes, s’est brusquement condensé sous l’effet de votre contemplation et il vous  révèle, un instant, l’empreinte vivante du peintre : elle qui, pour se manifester, exige que s’émeuve,  vers le fond de vos yeux, votre intériorité afin de s’y réaliser – ou pourquoi pas de s’y dédoubler...

Bernard Noël

27/09/2014

szparagowska... on en parle!

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agenda bdw #1443

16/08/2014

szparagowska

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Il est une heure ou deux heures du matin. Il n’y a pas très longtemps que le soleil est passé sous la ligne d’horizon et bientôt il réapparaîtra. C’est la nuit, mais il ne fait pas noir. Tout est reflets de bleus. Tout baigne dans une pénombre dont la lumière n’est ni celle de la nuit précédente, ni de la suivante. Dans sa durée prolongée, dans sa lenteur, entre chien et loup, la nature finlandaise m’offre un espace à habiter, à explorer à mon rythme. Je suis presque seule. Autour de moi tout vit au ralenti, au bord du monde du sommeil. Devant mes yeux, les contours s’estompent, les formes s’obscurcissent, le visible se dilue dans le sombre. 

Cette lumière terne me fait peur. Elle m’intrigue. Je voudrais me nicher dans son épaisseur. 

Assise devant la maison, je regarde autour de moi. Je vois quelqu’un entrer dans la forêt, je ne distingue pas les traits de son visage.

Avoir un trajet, c’est important. Faire quelques pas, puis, encore quelques-uns. D’abord, prudemment, peu à peu avec plus d’assurance. Marcher dans ce velours qui colle. Plonger dedans comme on plongerait dans une eau inconnue et opaque. 

Où sont les frontières de ce monde ? Les percer pour sentir quelque chose entre les doigts. Pouvoir enfin s’arrêter sur quelque chose. 

Descendre le chemin. Traverser le champ jusqu’au ruisseau et le longer jusqu’à atteindre le lac. Le contourner. Prendre le raccourci à travers la forêt. Puis le chemin parmi les enclos endormis. Parfois, un chien qui aboie. Les autres lui répondent. La nuit, qui n’en est pas une, les lys d’eau éclosent. Quelque chose grésille sous les pieds. Un soudain battement d’ailes dans les roseaux. Puis, le silence est à nouveau là. 

Progressivement, je retrouve mes propres traces. L’herbe piétinée. Une brindille cassée. Une image gardée sous les paupières. Une lumière qui est tombée au fond de l’œil. Alors, c’est vrai : je suis ici.   

 

Beata Szparagowska

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