03/03/2009

jean rustin

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Les remugles d’un peintre averti.
Lorsque, début des années septante, Jean Rustin quitte une peinture abstraite de bon goût pour se retrouver dans la solitude d’une figuration récurrente d’images oubliées, il invente le tableau spectateur.
En effet, des enfants-adultes sont dégorgés avec simplicité et même tendresse.
Le sujet émerge dans la grisaille avec une structure simple, close, offrant si peu d’ouverture vers l’extérieur.
De tableaux en dessins, il nous livre
des yeux fixes, des bouches maculées, de petites blessures, des narines creuses et porcines, des tétons liquides et des vagins exponentiels.
Ils ont besoin de se tâter le visage,
le ventre, le sexe, les bras.
S’il n’a pas d’intention précise, il laisse remonter une expérience inscrite, refoulée et existentielle.
Cela s’appelle une peinture incarnée. 

camille de taeye, septembre 2008