19/04/2018

koyuki kazahaya, on en parle...

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Juliette & Victor #66
Merci Guy Gilsoul

10/03/2018

koyuki kazahaya

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traces de mémoire
koyuki kazahaya
œuvres récentes
exposition du 12 mars au 6 mai 2018 vernissage le lundi 12 mars de 18 à 20 h 30

Mes recherches m’ont amenée à la salle de thé Rokakudo — construite en 1905 par Okakura Tenshin (Kakuzo) sur la côte japonaise — qui fut détruite par le tsunami en 2011 et ensuite reconstruite à la même place. Cette salle de thé fut bâtie à un endroit où il était probable qu’elle soit détruite et cela m’interpellait (Tsunami et tremblements de terre se produisent souvent au Japon et la salle de thé était construite à un endroit exposé). La salle de thé Rokakudo sert de salle de méditation face à la mer. La mer, offrant au spectateur une vision toujours changeante, réfléchissait la confrontation entre humanité et nature. Ce travail m’a donné une idée emblématique, j’ai utilisé la vague comme une icône récurrente de la culture japonaise. « La grande vague » de Hokusaï est un des exemples les plus célèbres. Pour répondre à la catastrophe de Fukushima, j’ai réalisé le projet « Silent city » de 2012 jusqu’à aujourd’hui. Le projet parle du sens du vide que j’ai vécu depuis 2011 jusqu’à ce jour à Fukushima, un lieu qui est toujours en ruine. Ce que j’ai trouvé là n’était que destruction et bruit de la nature dénuée de toute activité humaine. En même temps, pourtant, je pouvais ressentir les traces des gens ayant vécu là. Je visite régulièrement ce même endroit à Fukushima pour tenir mon carnet de route. Depuis 2014, je combine des paysages du Japon et d’autres pays où j’ai vécu ou voyagé en Europe. La partie la plus récente de ce projet concerne mon séjour dans le sud de l’Espagne à Séville. Pour ceci, j’ai choisi des paysages avec une profonde imprégnation culturelle et historique souvent liée aux traditions et folklore, par exemple, le « Castillo de Setefilla », château abandonné, oublié et l’Étang de l’Enfer, une pièce d’eau que, dans le passé, les gens pensaient connectée à l’enfer. Je suis impressionnée par ces paysages désertés, des lieux intégrés dans la nature mais qui, en même temps, ont quitté leur contexte original et ont évolué au travers de l’intervention humaine ou des légendes qui leur étaient attribuées acquérant ainsi une nouvelle signification. J’essaie de transformer le sentiment de perte, de capturer le sens du vide et l’atmosphère d’une « silent city ».

Koyuki Kazahaya

08/01/2015

koyuki kazahaya

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Dans le travail de Koyuki Kazahaya le réel et la mémoire se fondent dans l’évocation des éléments naturels. La surface de l’eau et le dessous de son niveau visible émettent ensemble des vibrations et des sensations inscrites dans le temps par des événements passés ou à venir.

Le reflet témoigne d’une vision intérieure qui débouche sur un monde à l’envers, en profondeur. Il fait émerger une image aussitôt mise en doute: la lutte éternelle et presque mythique entre l’eau et la terre, avec l’air plus ou moins humide, porteur de particules. 

Le noir contient toutes les possibilités d’apparition. Noirs absorbants qui nous renvoient à notre solitude existentielle. Noir de la nuit, noir du fond de l’eau, noir de l’infini.

Des résonances par antipodes sont sciemment mises en liaison par l’horizon en circonférence et par l’étendue des éléments « eau », « terre » et « air ».

La sensation d’attente ou de retour sur les sites personnels évoque implicitement un vécu jamais manifesté, à peine suggéré.

Des émotions perceptibles transparaissent au travers d’une succession de couches accessibles bien au-delà des premières rencontres avec la personne ou l’œuvre. 

Les moyens utilisés, transversaux, puisent dans les outils « traçant », « imprégnant », « accrochant » les supports fragiles que sont les papiers, en sollicitant parfois la mémoire rétinienne et redeviennent à nouveau des reflets par l’impression ou la lumière des projections.

Les mouvements de l’eau, par vagues successives, infinies, sont repris, sondés jusqu’à poser le sens-même des éternels recommencements. 

Ces reprises éternelles des éléments fondamentaux de la nature sur le cours de notre existence témoignent de la fragilité de celle-ci sur cette planète, elle-même de plus en plus éphémère.

 

Dans notre mémoire, comme dans celle de Koyuki Kazahaya résonnent des événements parfois tragiques; le passé lointain et récent de l’île du Pays du Soleil Levant continue à poser la question du sens de la vie et du choix que fait l’humanité.

Maurice Pasternak