08/11/2007

pat andrea

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présente
la botanique

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  pat andrea
dessins & estampes

du 8 octobre au 17 novembre 2007
vernissage le lundi 15 octobre à 19 heures
présentation de
«alice au pays des merveilles/ De l’autre côté du miroir»,
illustré par pat andrea aux éditions diane de selliers
fermeture exceptionnelle les 2 et 3 novembre

On sait que Lewis Carroll a mis lui-même en images le manuscrit original d’Alice au pays des merveilles pour l’offrir à son égérie Alice Liddell. On sait aussi qu’il a été trahi par ses illustrateurs qui ont daté, socialisé, dédramatisé son œuvre, lui ont enlevé jusqu’au dernier gramme d’étrangeté, de subversion. Pat Andrea fait exception. Et pour cause. Il n’a pas attendu de traiter le diptyque Alice pour inscrire son art singulier dans la logique de Lewis Carroll dont les dessins ne cherchaient rien d’autre qu’une représentation radicale de l’imaginaire et du nonsense à travers le vertige, le déséquilibre, le vacillement général. Comme chez Carroll, point ici de décor, de perspective, de profondeur. Point non plus de compromis avec le pittoresque, la psychologie et l’anecdote. Par contre, il y a intensification des signes de l’inversion, de l’ambivalence, de l’ambiguïté, du paradoxe et du temps aboli. Surtout, il y a confrontation manifeste entre l’espace du dedans et l’espace du dehors. L’apparence réaliste du végétal renforce le caractère fantomatique de la figure humaine, laquelle relève essentiellement du songe. L’un et l’autre sont posés sur des plans différents qui se cognent, se juxtaposent en partie : mondes intercalaires, peut-être. Comme chez Carroll, les plantes sont douées de la parole mais sur une fréquence qui précipite dans un silence abyssal. D’où l’effroi, l’incertitude qui marque les visages. D’où les phylactères vides qui pourraient signifier aussi la surdité du spectateur, sa difficulté à saisir la dimension sonore de la chose dessinée ou peinte, à distinguer l’évidence de l’énigme.


Daniel Fano